
Recettes voyages : 79 milliards de dirhams à fin juillet, la valeur devance le volume
Les recettes voyages atteignent 79,009 milliards de dirhams à fin juillet 2026, en hausse de 13,4 %. Sur le seul premier semestre, elles progressent de 16 % quand les arrivées gagnent 6 %. La croissance vient d'abord de la valeur, beaucoup moins du volume.
La recette progresse plus vite que le nombre de visiteurs
Les recettes voyages s'établissent à 79,009 milliards de dirhams à fin juillet 2026, en hausse de 13,4 % sur un an. Les dépenses voyages atteignent 19,92 milliards (+7,3 %) et l'excédent de la balance voyages 59,08 milliards (+15,7 %). Sur la même période, les transferts des Marocains résidant à l'étranger totalisent 74,78 milliards de dirhams (+8,1 %).
Le premier semestre donnait déjà cette tonalité : 64,9 milliards de dirhams de recettes, en hausse de 16 %, pour des arrivées en progression de 6 % et des nuitées en hausse de 9 %. Sur ce périmètre strictement identique, dix points séparent la croissance de la recette de celle des arrivées. C'est la comparaison la plus rigoureuse dont dispose aujourd'hui un exploitant.
Par différence entre les deux périodes, et sous réserve que le chiffre semestriel soit arrondi, le seul mois de juillet aurait apporté de l'ordre de 14 milliards de dirhams. Cet ordre de grandeur reste indicatif.
Les périodes de mesure ne se recouvrent pas
Une confusion doit être écartée d'emblée. Les recettes sont publiées à fin juillet, soit sept mois, quand les arrivées sont connues à fin août, soit huit mois, à 14,1 millions, en hausse de 4,5 %. Rapprocher directement +13,4 % et +4,5 % reviendrait à comparer deux périodes différentes et exagérerait l'écart réel.
Un second point mérite attention : le rythme de progression des recettes s'est tassé d'un mois sur l'autre. Le cumul progressait de 16 % à fin juin, il progresse de 13,4 % à fin juillet. La croissance reste forte, mais elle décélère, et cette inflexion précède la publication des mois d'août et de septembre, structurellement les plus lourds de l'année.
L'excédent de la balance voyages croît plus vite que les recettes
Les dépenses des résidents à l'étranger augmentent de 7,3 %, soit près de deux fois moins vite que les recettes. Mécaniquement, l'excédent de la balance voyages progresse plus vite que les recettes elles-mêmes, de 15,7 %, à 59,08 milliards de dirhams.
Autre enseignement de la période : les recettes voyages dépassent désormais les transferts des Marocains résidant à l'étranger sur la période, 79,009 milliards contre 74,78 milliards, soit un écart d'environ 4,2 milliards de dirhams. Les deux flux progressent, mais à des vitesses différentes, 13,4 % pour le tourisme et 8,1 % pour les transferts. Pour les établissements qui accueillent une clientèle de la diaspora, souvent hébergée en famille, cette divergence confirme que la croissance de la valeur se joue d'abord sur la clientèle internationale classique.
“Quand la recette progresse plus vite que le nombre de visiteurs, la croissance vient du prix et de la durée de séjour avant de venir du volume, et un effet prix ne se reconduit pas de lui-même.
L'objectif de 150 milliards dépend des cinq derniers mois
L'objectif officiel pour 2026 est fixé à 150 milliards de dirhams de recettes voyages, après 138,1 milliards en 2025. Atteindre cette cible suppose une progression annuelle d'environ 8,6 %. Le rythme constaté à fin juillet, 13,4 %, lui est supérieur.
À fin juillet, les 79,009 milliards encaissés représentent environ 53 % de l'objectif, toujours, laissant près de 71 milliards de dirhams à réaliser sur cinq mois. La comparaison reste indicative : août et septembre concentrent une part importante de la recette annuelle, et les mois d'automne restaient bien orientés en 2025, avec un taux d'occupation national de 62 % en octobre et 59 % en novembre. L'objectif de recettes apparaît donc plus accessible que celui des arrivées, ce qui confirme le déplacement de la croissance du volume vers la valeur.
Ce que cela change pour votre établissement
Pilotez votre revenu par la recette par chambre disponible plutôt que par le taux d'occupation : c'est sur la valeur que se fait la croissance du secteur.
Ne comparez jamais un cumul de recettes à fin juillet avec un cumul d'arrivées à fin août dans vos documents internes ou commerciaux.
Anticipez une décélération : le rythme des recettes est passé de 16 % à fin juin à 13,4 % à fin juillet.
Un effet prix favorable fragilise la position en cas de retournement de la demande : sécurisez vos contrats de groupes et vos contrats entreprises pour 2027.
Si votre clientèle est majoritairement issue de la diaspora, intégrez que ce segment progresse de 8,1 % contre 13,4 % pour les recettes voyages.
La FNIH suit l'évolution des recettes du secteur et leur répercussion sur l'économie des établissements.
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