
Ryanair annonce 5,3 millions de sièges au Maroc pour l'hiver 2026-2027
Ryanair annonce 5,3 millions de sièges et 156 routes au Maroc pour l'hiver 2026-2027, soit 580 000 sièges de plus. L'aérien portait déjà les trois quarts des arrivées au premier semestre. Reste à convertir cette capacité en nuitées sur les mois les moins remplis.
L'aérien porte déjà les trois quarts des arrivées
Au premier semestre 2026, les arrivées par voie aérienne s'élèvent à 7 126 000, en hausse de 10 %, contre 1 541 000 par voie terrestre, en recul de 8 %, et 731 000 par voie maritime, en progression de 4 %. Rapportée au total de 9 398 000 arrivées, la part de l'aérien atteint environ 76 %.
Le détail par point d'entrée confirme la concentration du trafic : aéroport Marrakech-Ménara 2 626 000 arrivées (+10 %), Casablanca Mohammed V 1 598 000 (+13 %), Agadir Al Massira 767 000 (+10 %), Tanger Ibn Battouta 594 000 (+12 %), Rabat-Salé 468 000 (+18 %), Fès Saïss 400 000 (+1 %), Nador El Aroui 255 000 (+5 %). Deux enseignements ressortent : Rabat affiche la croissance la plus rapide de la liste, et Fès stagne à +1 % malgré un aéroport desservi.
Rabat concentre l'effort de capacité annoncé
Pour l'hiver 2026-2027, Ryanair annonce 5,3 millions de sièges, 156 routes et 17 nouvelles destinations, soit 580 000 sièges supplémentaires et une hausse de 12 %. Le transporteur indique baser 16 appareils au Maroc, dont 2 nouveaux à Rabat, pour un investissement annoncé de 1,6 milliard de dollars et 8 500 emplois locaux soutenus. Rabat gagne 7 routes, Marrakech 5 et Agadir 5, sur un total de 13 aéroports desservis, parmi lesquels Fès, Tétouan, Essaouira, Ouarzazate, Dakhla et Nador.
En rapportant les 580 000 sièges supplémentaires à la hausse de 12 %, la capacité du programme hivernal précédent ressortait à environ 4,7 millions de sièges. L'alignement entre l'annonce et les statistiques d'arrivées est net sur un point : Rabat, qui reçoit deux appareils basés et sept routes, est déjà le point d'entrée aérien dont les arrivées progressent le plus vite au premier semestre, à +18 %. Les destinations secondaires citées, Tétouan, Essaouira, Ouarzazate, Dakhla et Nador, relèvent d'une autre logique : elles disposent d'un parc plus réduit et d'une saisonnalité plus marquée.
L'hiver demeure le creux du taux d'occupation
Le programme annoncé porte précisément sur les mois les moins remplis de l'année. En 2025, le taux d'occupation national s'établissait à 62 % en octobre, 59 % en novembre et 56 % en décembre, contre 65 % en août, soit un écart de 9 points entre le sommet estival et le mois de décembre.
C'est la raison pour laquelle un programme hivernal intéresse directement les exploitants : il agit là où la capacité disponible est la plus importante et où le coût d'opportunité d'une chambre vide est le plus élevé. Encore faut-il que l'offre locale, restauration, activités, transferts et ouverture des équipements, reste disponible sur ces mois, faute de quoi la destination reçoit des passagers sans pouvoir leur vendre un séjour complet.
“Une capacité aérienne ne crée pas de la demande : elle rend possible une demande que la destination doit encore susciter, distribuer et tarifer.
Un siège supplémentaire ne devient pas mécaniquement une nuitée
La conversion des sièges en nuitées suppose plusieurs filtres. Les sièges se comptent par trajet : un aller-retour en mobilise deux. Les 580 000 sièges supplémentaires correspondent donc, au maximum théorique et à remplissage complet, à environ 290 000 voyages aller-retour. Ce plafond doit ensuite être réduit du taux de remplissage effectif, de la part des résidents marocains voyageant vers l'Europe, de celle des passagers hébergés en famille et de celle qui séjournera hors du parc classé.
Le recul de 8 % des arrivées par voie terrestre au premier semestre rappelle par ailleurs qu'une hausse de la capacité aérienne peut, pour partie, se substituer à d'autres modes d'accès plutôt que s'y ajouter. La question utile pour un exploitant n'est donc pas le nombre de sièges annoncés, mais la part de ces sièges que sa destination saura transformer en séjours facturés.
Ce que cela change pour votre établissement
Alignez votre calendrier d'ouverture et vos effectifs sur la période couverte par le programme hivernal, notamment en novembre et décembre, où le remplissage national retombait à 59 % et 56 %.
Si vous exploitez à Rabat, Marrakech ou Agadir, anticipez l'arrivée de nouvelles routes dans votre grille tarifaire d'hiver plutôt qu'après constatation du trafic.
Dans les destinations secondaires desservies (Tétouan, Essaouira, Ouarzazate, Dakhla, Nador), la contrainte porte autant sur la disponibilité de l'offre locale que sur le nombre de sièges.
Raisonnez en voyages aller-retour et non en sièges lorsque vous dimensionnez vos prévisions de nuitées.
Suivez la clientèle en provenance des marchés desservis dans votre propre mix : c'est le seul indicateur qui mesure ce que la capacité annoncée vous apporte réellement.
La FNIH suit l'évolution de la connectivité aérienne et ses effets sur la fréquentation régionale.
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