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Retenue à la source de 5 % : l'effet sur la trésorerie des exploitants
Blog5 septembre 2026

Retenue à la source de 5 % : l'effet sur la trésorerie des exploitants

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Depuis le 1er juillet 2026, les entités assujetties prélèvent 5 % hors taxe sur les prestations de services et le reversent au Trésor. Le montant reste imputable sur l'impôt sur les sociétés, mais le décalage de trésorerie peut atteindre 20 à 25 % de l'encaissement.

Le client retient cinq pour cent et l'établissement encaisse le solde

Depuis le 1er juillet 2026, les entités assujetties prélèvent 5 % hors taxe sur les prestations de services qui leur sont facturées et reversent ce montant au Trésor. La somme n'est pas perdue pour le prestataire : elle est imputable sur son impôt sur les sociétés. Une circulaire de la Direction générale des impôts avait précisé l'extension de la retenue à la source à l'impôt sur les sociétés et à la taxe sur la valeur ajoutée.

Pour un établissement d'hébergement, le mécanisme se déclenche dès lors qu'une prestation de services est facturée à une entreprise entrant dans le champ du dispositif : séminaire résidentiel, convention, contrat corporate annuel, restauration d'entreprise. La facture conserve son montant, mais l'encaissement est amputé du prélèvement. La différence entre un impôt et une avance tient ici à un seul paramètre, le temps.

Le seuil de 500 millions de dirhams descendra à 200 millions en trois ans

La première phase du dispositif vise les banques, les compagnies d'assurance et les entreprises réalisant au moins 500 millions de dirhams de chiffre d'affaires. Le seuil est ensuite abaissé à 350 millions en 2027, puis à 200 millions en 2028.

Cette trajectoire mérite une lecture prospective. Un exploitant dont la clientèle affaires se limite aujourd'hui à quelques grands comptes constate probablement un effet marginal. À mesure que le seuil descend, la proportion de ses clients entreprises concernés augmente, et avec elle la part de son chiffre d'affaires encaissée avec retenue. Le sujet n'est donc pas conjoncturel : il se planifie sur trois exercices.

Le décalage de trésorerie peut atteindre le quart de l'encaissement

En cumul avec les retenues de TVA, le décalage de trésorerie supporté par le prestataire peut atteindre 20 à 25 % de l'encaissement. Rapporté à l'exploitation hôtelière, l'ordre de grandeur est significatif, car la structure de coûts d'un établissement est largement fixe et à échéance courte : masse salariale, énergie, redevances, échéances bancaires.

Un séminaire encaissé partiellement ne réduit ni la paie du mois ni la facture d'énergie. L'écart se comble sur le fonds de roulement, c'est-à-dire, pour beaucoup d'établissements, sur des lignes de crédit court terme dont le coût vient s'ajouter à une somme qui sera pourtant récupérée plus tard.

La retenue n'est pas une charge nouvelle, c'est une avance. L'impôt dû reste le même, la trésorerie qui le précède ne l'est plus.

Les factures à cheval et la sous-traitance produisent les frictions les plus concrètes

Trois difficultés ont été relevées à l'entrée en vigueur du dispositif : le décalage de trésorerie déjà évoqué, le traitement des factures à cheval sur le 1er juillet, et les retenues en cascade dans les chaînes de sous-traitance.

Le premier point concerne directement l'hôtellerie de séminaires, où la prestation s'étale fréquemment sur plusieurs jours et où l'acompte, la prestation et le solde ne relèvent pas nécessairement de la même période. Le second concerne les établissements qui externalisent une partie de leur exploitation : blanchisserie, sécurité, nettoyage, animation, prestations traiteur. Chaque maillon peut supporter une retenue, et l'effet se propage le long de la chaîne jusqu'aux structures les plus petites, qui sont aussi les moins armées pour l'absorber.

Ce que cela change pour votre établissement

Isolez dans votre facturation la part des prestations de services vendues à des entreprises assujetties : c'est cette assiette, et non le chiffre d'affaires total, qui détermine votre exposition.

Intégrez le prélèvement dans votre plan de trésorerie glissant plutôt que dans votre seul compte de résultat : l'effet est de décalage, pas de perte.

Anticipez l'abaissement du seuil à 350 millions de dirhams en 2027 puis à 200 millions en 2028 en cartographiant dès maintenant vos comptes clients entreprises.

Révisez vos conditions contractuelles de facturation pour les prestations à cheval sur deux périodes, en particulier les acomptes de séminaires et de conventions.

Recensez vos sous-traitants et évaluez l'effet de cascade sur les plus petits d'entre eux : une défaillance de prestataire est un risque d'exploitation avant d'être un sujet fiscal.

Cet article a une portée informative. Il ne se substitue pas à l'avis d'un conseil fiscal, seul en mesure d'apprécier la situation de chaque établissement.

La FNIH relaie auprès des pouvoirs publics les effets de trésorerie signalés par ses adhérents.

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